Que faire des feuilles mortes ? Les options comparées

Les feuilles mortes ne se jettent pas : on les laisse sous les haies et les arbres, on les tond sur la pelouse, on paille les massifs et le potager avec, et le surplus devient compost ou terreau de feuilles. La collecte des déchets verts et la déchetterie restent les solutions pour les feuilles malades ou en excès ; le brûlage est interdit en France.

Mis à jour le 7 novembre 2026

En bref

  • Première règle : laissez les feuilles partout où elles ne gênent pas (sous les haies, au pied des arbres, dans les coins sauvages) ; c’est gratuit et c’est ce que fait la forêt.
  • Sur la pelouse, une fine couche se tond et disparaît ; une couche épaisse doit être ramassée sous quinze jours sous peine d’étouffer l’herbe.
  • Les feuilles ramassées servent dans l’ordre à pailler, puis à composter, puis à faire du terreau de feuilles ; une seule de ces trois destinations suffit à absorber la production d’un jardin ordinaire.
  • Collecte des déchets verts ou déchetterie pour le surplus et les feuilles malades ; jamais le brûlage, interdit en France et dans la plupart des communes ailleurs.
  • Gardez un tas de feuilles non dérangé jusqu’en avril : hérissons et insectes y passent l’hiver.

Faut-il vraiment ramasser les feuilles mortes ?

Pas partout. Sur les surfaces plantées (haies, massifs d’arbustes, sous-bois, pieds d’arbres), les feuilles sont à leur place : elles protègent et nourrissent le sol, et personne ne les ramasse dans un bois. Il n’y a que trois bonnes raisons de ramasser : la pelouse, qui s’étouffe sous une couche épaisse ; les surfaces dures (terrasses, allées, gouttières, caniveaux) où elles glissent, bouchent et pourrissent ; et les feuilles malades qu’il faut éloigner de leur arbre pour casser le cycle d’une tavelure ou d’un rhytisme, expliqué dans Maladies des feuilles. Tout le reste est une question d’esthétique, et l’esthétique peut attendre le printemps.

Quelle solution choisir selon votre situation ?

OptionEffortDélai avant résultatCe que vous obtenezConvient si
Laisser sur place sous arbres et haiesNulImmédiatSol protégé, humus l’année suivanteToutes les surfaces plantées
Tondre sur la pelouse sans bacFaibleTrois semainesFeuilles broyées qui disparaissent dans le gazonCouche fine (l’herbe reste visible)
Tondre avec bac et pailler les massifsFaible à moyenImmédiatPaillis gratuit, voir Pailler avec des feuilles mortesVous avez des massifs, un potager, des haies
Composter avec les déchets vertsMoyen6 à 12 moisCompost équilibré, voir Compost et feuilles mortesVous avez déjà un composteur
Stocker en silo pour du terreau de feuillesMoyen12 à 24 moisSubstitut de tourbe pour semis et rempotages, voir Faire son terreau de feuillesVous semez ou rempotez beaucoup
Tas refuge dans un coinNulImmédiatAbri pour hérissons, crapauds, carabes, papillonsTout jardin avec un coin tranquille
Collecte municipale des déchets vertsFaibleImmédiatCompostage industrielFeuilles malades, surplus, pas de jardin
Déchetterie ou écocentreMoyenImmédiatCompostage industrielGrandes quantités, feuilles de bord de route
BrûlageFaibleImmédiatFumées toxiques, amendeJamais en France ; interdit ou encadré ailleurs, voir Brûler les feuilles mortes

Comment gérer les feuilles sur la pelouse ?

Le gazon est la seule surface qui souffre vraiment des feuilles : privé de lumière et maintenu humide, il jaunit en deux à trois semaines et laisse des plaques de mousse au printemps. Deux cas :

  • Couche fine, l’herbe reste visible : passez la tondeuse réglée haut, sans bac, par temps sec. Les fragments tombent entre les brins et sont digérés par les vers avant le printemps. Cela fonctionne pour une à trois chutes de feuilles d’arbres moyens ; au-delà, le gazon s’asphyxie quand même.
  • Couche épaisse, l’herbe disparaît : ramassez sous quinze jours. La méthode la plus rapide est la tondeuse avec bac, qui broie et collecte en même temps ; le râteau à feuilles en plastique large est la plus silencieuse. Les souffleurs thermiques sont bruyants, polluants et détruisent la petite faune de la litière ; plusieurs villes les ont restreints.

Des précisions sur la scarification et le terreautage figurent dans la fiche Entretien de la pelouse.

Quelles feuilles ne doivent pas rester au jardin ?

  1. Feuilles de fruitiers tavelés et d’érables au rhytisme, quand l’attaque a été forte : compost chaud, collecte ou déchetterie.
  2. Feuilles de marronnier atteint de la mineuse : elles contiennent les chrysalides qui donneront les papillons d’avril ; les ramasser et les évacuer est le seul moyen de lutte efficace.
  3. Feuilles de buis malade et de plantes atteintes de maladies réglementées (feu bactérien sur poirier, aubépine, cotonéaster) : évacuer en sacs fermés.
  4. Feuilles de bord de route, chargées de métaux lourds et d’hydrocarbures : pas au potager ; massifs d’ornement ou collecte.
  5. Feuilles de renouée du Japon et d’ailante : les feuilles seules sont sans danger, mais vérifiez qu’aucun fragment de tige ou de racine ne les accompagne.

Pourquoi garder un tas de feuilles pour la faune ?

Un simple tas de feuilles d’un mètre de large, dans un coin abrité, calé par quelques branches, est l’un des meilleurs refuges hivernaux que l’on puisse offrir au jardin. Hérissons, crapauds, orvets, carabes, chrysalides de papillons, cocons d’araignées et des centaines d’espèces de collemboles et d’acariens décomposeurs y passent la mauvaise saison. Ne le dérangez pas avant la mi-avril, et ne le brûlez jamais : les hérissons endormis dans un tas de feuilles ou de branchages sont la première victime des feux de jardin. Une fois le printemps venu, ce tas, à moitié décomposé, se glisse au pied d’une haie ou dans le composteur.

Que font les communes des feuilles collectées ?

En France, en Belgique, en Suisse et au Québec, les feuilles ramassées dans les rues et apportées en déchetterie ou en écocentre rejoignent des plateformes de compostage industriel, où elles sont mélangées à d’autres déchets verts, retournées et montées en température avant d’être vendues ou redistribuées comme compost normé. La réglementation sur le tri à la source des biodéchets, renforcée en France depuis 2024 et déjà généralisée au Québec, pousse à traiter ces matières localement. Autrement dit, les feuilles que vous paillez ou compostez chez vous font exactement le même chemin, en économisant le transport.

Sources

  1. ADEME, déchets verts et compostage de proximité
  2. RECYC-QUÉBEC, matières organiques résidentielles
  3. Service-public.fr, brûlage des déchets verts par un particulier
  4. Bruxelles Environnement, gérer ses déchets de jardin

Voir aussi