Feutrage blanc sur les feuilles : reconnaître l’oïdium

Un feutrage blanc farineux sur le dessus des feuilles et des jeunes pousses est presque toujours de l’oïdium, un groupe de champignons de surface qui prospèrent par temps chaud, à l’ombre et dans l’air confiné, sans avoir besoin de pluie. On le limite en coupant les pousses atteintes, en aérant la plante et, sur fruitiers et vigne, par des pulvérisations de soufre ou de bicarbonate.

Mis à jour le 7 novembre 2026

En bref

  • L’oïdium forme une poudre blanche sur le dessus de la feuille ; le mildiou forme un duvet gris sous la feuille avec des taches jaunes dessus : ce sont deux maladies opposées dans leurs exigences.
  • Il aime la chaleur, l’ombre, l’air stagnant et les excès d’azote, et se passe de pluie : les étés secs sont des étés à oïdium.
  • Chaque espèce d’oïdium est spécialisée : celui du chêne n’infecte pas la vigne, celui des courges n’infecte pas le rosier.
  • Sur un chêne ou un érable adulte, l’oïdium est sans conséquence ; sur vigne, pommier, rosier et courges, il réduit la récolte et justifie une prévention.
  • Soufre, bicarbonate, lait dilué et taille des pousses atteintes sont les moyens accessibles au jardinier ; aucun ne nettoie une feuille déjà couverte.

Comment être sûr qu’il s’agit d’oïdium ?

L’oïdium, aussi appelé « blanc » ou « maladie du blanc », se reconnaît à un revêtement poudreux, blanc à grisâtre, qui ressemble à de la farine ou à du talc saupoudré. Il apparaît d’abord en petites plages circulaires sur la face supérieure des jeunes feuilles, puis s’étend jusqu’à couvrir tout le limbe, les pétioles, les jeunes tiges et parfois les fleurs et les fruits. Les feuilles atteintes se gaufrent, s’enroulent et peuvent sécher. Vers la fin de l’été, de minuscules points noirs ou bruns apparaissent dans le feutrage : ce sont les organes de conservation du champignon pour l’hiver.

Deux confusions sont fréquentes et le tableau suivant les lève.

CritèreOïdiumMildiouFumagine
AspectPoudre blanche sèche, farineuseDuvet gris violacé, feutréDépôt noir, collant
Face de la feuilleDessus surtout, puis les deuxDessous ; taches jaunes « huileuses » dessusDessus des feuilles basses
Météo favorableChaud et sec le jour, humide la nuit, sans pluiePluie, feuillage mouillé, 15 à 25 °CIndifférente ; dépend des pucerons
Hôtes typiquesChêne, vigne, rosier, pommier, courgesVigne, tomate, pomme de terreTilleul, laurier, agrumes
Test du doigtS’enlève partiellement, laisse une feuille terneNe s’enlève pas, la tache resteS’enlève et laisse une feuille verte

Pourquoi l’oïdium se développe-t-il par temps sec ?

La plupart des champignons des feuilles ont besoin d’eau libre pour germer. Les oïdiums font exception : leurs spores germent dans une atmosphère simplement humide (nuits fraîches, rosée, brouillard) et le champignon pousse ensuite en plein soleil, en puisant l’eau directement dans les cellules de l’épiderme grâce à des suçoirs. La pluie, au contraire, lessive les spores. Voilà pourquoi les attaques explosent en fin d’été sec, dans les coins abrités du jardin, sous les arbres, contre les murs et dans les serres mal ventilées. Une fertilisation azotée excessive, qui produit des tissus tendres, et une taille sévère, qui déclenche des repousses vigoureuses, aggravent la sensibilité.

Quelles plantes sont les plus touchées ?

Chaque oïdium a ses hôtes ; connaître le vôtre dit déjà si l’affaire est grave.

PlanteChampignon (quand il est bien identifié)ImpactMesure prioritaire
Chêne pédonculé, chêne sessile (surtout jeunes plants et rejets)Erysiphe alphitoidesNégligeable sur arbre adulte ; ralentit la croissance des semisAucune ; éviter la taille d’été qui provoque des repousses tendres
VigneErysiphe necatorBaies qui éclatent, récolte perdueSoufre dès la floraison, effeuillage pour aérer les grappes
PommierPodosphaera leucotrichaPousses déformées, fruits roussisCouper les extrémités blanchies en hiver ; variétés peu sensibles
Rosiers (églantier compris)Podosphaera pannosaBoutons avortés, feuillage défiguréPlanter au soleil et au vent, arroser au pied
Érables, platane, aubépine, troèneOïdiums diversEsthétiqueAucune
Courges, concombres, melonsPodosphaera xanthii et prochesFin de saison précoceEspacer les plants, retirer les premières feuilles atteintes, bicarbonate
Fraisiers, groseilliers (groseillier à maquereau)Oïdium américain du groseillierFruits feutrés immangeablesTaille d’éclaircie en hiver, soufre au débourrement

Que faire quand l’oïdium est déjà là ?

Agir vite, mais sans espérer effacer le feutrage existant. Procédez dans cet ordre :

  1. Supprimez les pousses et feuilles les plus atteintes à la main ou au sécateur, et sortez-les du jardin plutôt que de les laisser au sol. Sur une courgette, enlever les trois ou quatre premières feuilles blanches retarde l’attaque de plusieurs semaines.
  2. Ouvrez la plante : éclaircissez les rameaux qui se croisent, désherbez le pied, retirez ce qui fait de l’ombre si c’est possible.
  3. Pulvérisez un produit de contact sur les deux faces, tôt le matin, en renouvelant après chaque forte pluie et tous les 8 à 10 jours tant que la météo reste favorable :
    • soufre mouillable (autorisé en jardinage amateur en France sous mention « emploi autorisé dans les jardins » ; vérifiez l’étiquette dans votre pays) : efficace, mais à ne pas appliquer au-dessus de 25 à 28 °C ni sur cucurbitacées sensibles ;
    • bicarbonate de soude ou de potassium, environ 5 g par litre d’eau avec quelques gouttes de savon noir comme mouillant : action modeste mais réelle, à renouveler souvent ;
    • lait écrémé dilué à 10 % dans l’eau : usage traditionnel sur cucurbitacées, résultats variables, sans danger.
  4. Réduisez l’azote : stoppez les engrais riches en azote pour la saison ; un feuillage dur résiste mieux.

Comment éviter que l’oïdium revienne l’an prochain ?

Le champignon passe l’hiver dans les bourgeons infectés (pommier, rosier, vigne) et dans les petits organes noirs tombés avec les feuilles. En hiver, coupez les extrémités de rameaux qui présentent un aspect blanchâtre ou argenté : ce sont les réservoirs du printemps. Ramassez la litière sous les plantes sensibles ; un compost chaud la neutralise, mais pas un tas froid, comme l’explique le guide Compost et feuilles mortes. Choisissez des variétés résistantes à la plantation, espacez généreusement, plantez les sensibles au soleil et en situation ventée. Pour les autres symptômes blancs ou gris (duvet sous la feuille, mycélium sur le sol), reportez-vous au guide Maladies des feuilles et, pour les légumes, à la fiche Maladies courantes du potager.

Sources

  1. INRAE, Ephytia : oïdiums des plantes cultivées
  2. Société nationale d’horticulture de France, Jardiner Autrement
  3. IRIIS phytoprotection (Québec), blanc (oïdium)
  4. ANSES, produits phytopharmaceutiques autorisés en jardin amateur

Voir aussi