Taches noires sur les feuilles : causes et traitements

Des taches noires sur les feuilles viennent le plus souvent d’un champignon propre à l’espèce (rhytisme sur l’érable, marsonia sur le rosier, tavelure sur le pommier) ou d’un dépôt de fumagine qui recouvre le miellat des pucerons. Le remède dépend de la cause : ramasser les feuilles infectées dans le premier cas, traiter les insectes dans le second.

Mis à jour le 7 novembre 2026

En bref

  • Frottez la tache : si le noir part au doigt, c’est de la fumagine et le problème est un insecte piqueur ; si la tache est dans le tissu de la feuille, c’est un champignon ou une bactérie.
  • L’hôte oriente le diagnostic : érable (rhytisme), rosier (marsonia), pommier et poirier (tavelure), laurier-rose et lilas (bactérioses), tilleul (fumagine).
  • Les taches de champignons sur arbres d’ornement sont sans gravité ; sur rosiers et fruitiers elles affaiblissent la plante et se traitent surtout par prévention.
  • Le geste le plus efficace est de ramasser toutes les feuilles tombées : c’est sur elles que le champignon passe l’hiver et réinfecte la plante au printemps.
  • Les traitements au cuivre ou au soufre sont des mesures préventives ; aucun produit n’efface les taches déjà formées.

Comment savoir si la tache noire est un champignon, un insecte ou autre chose ?

Un test de deux secondes résout la moitié des cas : passez le doigt sur la tache.

  • Le noir s’enlève et laisse une feuille verte en dessous : c’est de la fumagine, un champignon de surface qui vit sur le miellat sucré rejeté par les pucerons, les cochenilles ou les psylles. La feuille n’est pas malade ; ce sont les insectes installés au-dessus d’elle qu’il faut traiter.
  • Le noir est dans la feuille, souvent entouré d’un liseré jaune, avec un contour net : c’est un champignon pathogène (ou plus rarement une bactérie) qui a envahi les tissus.
  • La tache est noire et molle, avec une odeur, les tissus s’effondrent : pensez à une bactériose ou à un dégât de gel sur jeunes pousses.
  • La tache est sèche, bordée d’une zone brune, sur le côté exposé au soleil : brûlure (eau froide en plein soleil, reflet d’une vitre, produit pulvérisé par temps chaud).

Observez aussi la face inférieure : des points noirs minuscules et réguliers (fructifications du champignon) ou au contraire des colonies d’insectes vous diront où agir.

Quelles sont les taches noires les plus fréquentes selon la plante ?

PlanteAspect des tachesNom de l’affectionGravitéAction utile
Érable sycomore, érable plane, érable champêtreGrosses taches noires brillantes, 1 à 2 cm, bordure jaune, en fin d’étéRhytisme (tache goudronneuse)NulleRamasser les feuilles tombées
Rosiers (dont rosier rugueux, peu sensible)Taches noires à bord frangé, étoilé, feuille qui jaunit et tombeMarsonia (maladie des taches noires)Affaiblit la planteRamasser, aérer, variétés résistantes, décoction de prêle en prévention
Pommier, poirierTaches vert olive puis noires, mates, veloutées, sur feuilles et fruitsTavelureFruits déformés et crevassésRamasser feuilles et fruits momifiés ; traitement préventif au débourrement si récidive
Tilleul, laurier-sauce, laurier-tin, agrumesDépôt noir uniforme, collant, surtout sur les feuilles bassesFumagineEsthétique ; réduit la lumièreLutter contre pucerons et cochenilles (jet d’eau, savon noir, auxiliaires)
Laurier-cerise, cerisiersTaches brun-noir dont le centre tombe, laissant un trou rondCriblureFaibleRamasser, éviter l’arrosage du feuillage
Lilas, laurier-roseTaches noires anguleuses, jeunes pousses qui noircissent et sèchentBactérioses (Pseudomonas)VariableTailler sous la zone atteinte, désinfecter l’outil
Platane, chênesTaches brunes à noires longeant les nervures au printempsAnthracnoseNulle sur arbre adulteAucune ; la seconde pousse de juin est saine
NoyerTaches noires anguleuses sur feuilles et brouBactériose du noyer ou anthracnosePerte de fruitsRamasser, éviter les tailles par temps humide
Hortensia, caméliaTaches noires ou brunes à anneaux concentriquesCercosporiose, taches foliaires diversesFaibleRamasser, espacer les plantes

Pourquoi ramasser les feuilles est-il plus efficace que pulvériser ?

Les champignons des taches foliaires ont presque tous le même cycle. Ils passent l’hiver dans les feuilles mortes au sol sous forme de structures de résistance ; au printemps, lors des pluies, ces structures libèrent des spores qui remontent sur les jeunes feuilles par éclaboussure ou par le vent. Les premières taches apparaissent quelques semaines plus tard, puis se multiplient de feuille à feuille tout l’été. Rompre ce cycle en évacuant la litière infectée à l’automne réduit considérablement l’attaque de l’année suivante. C’est particulièrement vrai pour le rhytisme de l’érable et la tavelure, qui ne survivent pratiquement que dans la litière.

Que faire des feuilles ramassées ? Un compost qui monte en température les neutralise ; un simple tas froid non. En cas de doute, enfouissez-les sous 10 cm de terre ou déposez-les en déchetterie. Le brûlage, lui, est interdit en France et dans de nombreuses communes ailleurs : voir Brûler les feuilles mortes.

Quels traitements sont autorisés et quand les appliquer ?

Pour les plantes qui le justifient (rosiers, fruitiers), les mesures suivantes sont utilisables par un particulier, en respectant les étiquettes et la réglementation du pays :

  1. Décoction de prêle ou purin d’ortie, en pulvérisation préventive sur le jeune feuillage : effet modeste mais sans risque.
  2. Soufre : actif surtout contre l’oïdium, un peu contre la tavelure ; ne pas appliquer au-dessus de 25 °C.
  3. Cuivre (bouillie bordelaise) : préventif contre tavelure, criblure, bactérioses ; à utiliser avec parcimonie car il s’accumule dans le sol. Deux applications au plus, à la chute des feuilles et au gonflement des bourgeons.
  4. Taille d’aération et suppression des rameaux atteints par les bactérioses, outils désinfectés entre chaque coupe.

Aucun de ces produits ne nettoie une tache existante : la feuille marquée le restera jusqu’à sa chute. L’objectif est toujours la saison suivante.

Quand les taches noires sont-elles un vrai signal d’alarme ?

Trois situations méritent plus qu’un ramassage. Des rameaux entiers qui noircissent, se recourbent et gardent leurs feuilles sèches sur un poirier, une aubépine ou un cotonéaster évoquent le feu bactérien, maladie réglementée à signaler. Un buis dont les feuilles se couvrent de taches brunes puis noires et dont les rameaux portent des stries sombres souffre probablement de la maladie du dépérissement du buis (Cylindrocladium), très contagieuse d’un jardin à l’autre. Enfin, des taches associées à un flétrissement d’un seul côté de l’arbre font penser à un champignon vasculaire : faites examiner l’arbre. Le guide général Maladies des feuilles récapitule les autres symptômes, et la fiche Maladies du potager traite des légumes.

Sources

  1. INRAE, Ephytia : diagnostic des maladies des plantes
  2. Société nationale d’horticulture de France, Jardiner Autrement
  3. Espace pour la vie (Montréal), Jardin botanique, conseils horticoles

Voir aussi